

Jean-Rémy Yama – Gabon
Le syndicaliste Jean-Rémy Yama a été libéré de prison le 5 septembre 2023 moins d’une semaine après le coup d’État ayant déposé Ali Bongo, le 30 août 2023, après des élections présidentielles une nouvelle fois frauduleuses. Le nouvel homme fort du Gabon, le général Brice Oligui Nguema, ancien chef de la garde républicaine et dorénavant président du Comité de transition et de la restauration des institutions, avait pris l’engagement de libérer les prisonniers d’opinion dans le pays.
Floriane Irangabiye – Burundi
Le vendredi 16 août 2024, à la suite d’une vaste mobilisation de plusieurs associations de défense des droits humains, dont l’ACAT-France, Floriane Irangabiye a été libérée, deux jours après avoir été graciée par le Président de la République du Burundi, Evariste Ndayishimiye, cf. Le 13 février 2024, la chambre de cassation de la Cour suprême avait décidé de maintenir la condamnation de 10 ans d’emprisonnement contre la journaliste Floriane Irangabiye, arbitrairement détenue pour avoir usé de sa liberté d’expression.
Prageeth Eknaligoda – Sri Lanka
Le 24 janvier 2010, le journaliste et caricaturiste sri-lankais Prageeth Eknaligoda disparaît sans laisser de trace. Seize ans plus tard, il demeure porté disparu et sa famille continue de réclamer vérité et justice. Les procédures judiciaires engagées contre plusieurs officiers du renseignement militaire et membres de l’armée, accusés d’être impliqués dans son enlèvement et sa disparition, sont toujours en cours au Sri Lanka. Le procès avance très lentement, marqué par de nombreux reports d’audience, des difficultés dans la composition du tribunal et un climat d’intimidation visant certains témoins.
Malgré l’espoir suscité par l’élection du président Anura Kumara Dissanayake en 2024 et ses promesses d’avancer sur les affaires d’enlèvements politiques, aucune conclusion judiciaire n’a encore été rendue. Certaines décisions récentes, dont la promotion d’un officier soupçonné dans l’affaire, ont également suscité l’inquiétude des organisations de défense des droits humains.
Depuis seize ans, son épouse, Sandya Eknaligoda, poursuit inlassablement son combat pour connaître le sort de son mari, malgré les menaces et les pressions. Le 17 janvier 2026, selon les informations des médias sri-lankais, Madame Sandhya Eknaligoda, l’épouse du journaliste Prageeth Eknaligoda, a écrit au président du Sri Lanka, Anura Kumara Dissanayake, pour exprimer son opposition à la promotion accordée à un officier de renseignement militaire qui est accusé dans l’affaire concernant l’enlèvement et la disparition forcée de son mari. La lettre indique que l’officier en question, le lieutenant-colonel Erantha Radeesh Peiris, a été promu au grade de colonel. Madame Eknaligoda a également déclaré dans la lettre qu’il est prévenu dans l’affaire criminelle concernant la disparition de son mari le 24 janvier 2010. Selon la lettre de Madame Eknaligoda, le procureur général a déposé 17 chefs d’accusation contre lui en 2019, y compris une accusation de meurtre
Nguy Thi Khanh – Viêtnam
Nguy Thi Khanh a été libérée le 12 mai 2023. Depuis, elle donne régulièrement des nouvelles de sa vie quotidienne sur sa page personnelle Facebook. Elle semble en bonne santé et de retour parmi les siens. Si elle a repris un poste dans le domaine de l’environnement, pour le compte de l’entreprise Green In, elle semble avoir cessé ses actions militantes, du moins en public. Elle se contente de partager à de rares occasions des nouvelles de l’ONG Green ID qu’elle a fondée, ce qui lui a valu d’être arrêtée. L’ACAT-France demeure vigilante sur sa situation.
Mohamed Ramadan – Bahrein
L’ACAT-France s’est mobilisée dans le cadre de la Nuit des Veilleurs 2023 pour Hussein Ali Moosa et Mohamed Ramadan, arrêtés et accusés en 2014 d’avoir participé à un attentat ayant causé la mort d’un policier dans le village d’Al-Dair. Durant leur arrestation, ils ont subi des actes de torture pendant 11 jours au sein de la station de police d’Al-Riffa. Ces actes de torture visaient à les contraindre à avouer le crime dont ils étaient accusés.
Lors de leur procès, ils ont plaidé non coupable et dénoncé les abus commis par les forces de police. Malgré cela, ils ont été condamnés à mort le 29 décembre 2014, avant que des procédures ne soient engagées pour contester cette peine sur la base du recours à la torture dans le but d’obtenir des aveux. Le 13 juillet 2020, la Cour de cassation a confirmé leur condamnation à mort. Depuis, ils se trouvent tous deux dans le couloir de la mort, sans savoir quand ils seront exécutés.
En 2023, Hussein Ali Moosa s’est vu refuser l’accès aux soins nécessaires pour traiter les fortes douleurs au dos et aux pieds qu’il endure depuis des années.
Depuis notre mobilisation, leur situation n’a pas évolué favorablement, mais nous ne disposons pas d’informations fiables concernant leur état de santé et leurs conditions de détention.
Hussein Ali Moosa – Bahrein
Le 9 août 2023, après des mois d’attente pour une IRM, les autorités pénitentiaires ont refusé de transférer Hussein Moosa à l’hôpital Salmaniya. Il souffre de fortes douleurs au dos et aux pieds depuis des années, et les médecins ont demandé une radiographie pour diagnostiquer son état.
Arabie saoudite – 8 mineurs condamnés à mort (Abdullah Al-Darzai, Yousef Al-Manasef, Hassan Zaki Al-Faraj, Ali Jaafar Al Mabiouq, Jawad Qureiris, Ali Hassan Al-Subaiti et Mahdi Al-Mohsen) :
Jalal Labad a été exécuté le 21 août 2025, à l’âge de 30 ans, pour des faits qui lui étaient attribués lorsqu’il avait 16 ans. Il avait été arrêté pour avoir participé à des manifestations qui se sont déroulées à la suite des printemps arabes. Ses proches ont appris son décès par les médias, aucune communication relative à son exécution n’ayant été émise. L’ACAT-France exprime sa profonde tristesse face à cette exécution et déplore que les exécutions de personnes mineures au moment des faits reprochés se poursuivent en Arabie saoudite.
Les cas de Yousef Al-Manasef, Hassan Zaki al-Faraj, Ali Jaafar Al-Maiouq, Jawad Queiris, Ali Hassan al-Subaiti et Mahdi Al-Mohsen n’ont guère évolué positivement. En effet, leur condamnation à mort est maintenue et ils demeurent dans le couloir de la mort, en attente de leur exécution à tout moment.