
Bonne nouvelle. Après plus d’un an et demi de détention arbitraire, la cour d’appel de Ngozi, au nord du Burundi, a ordonné mercredi 4 mars 2026 la remise en liberté provisoire de la journaliste burundaise Sandra Muhoza.
Sandra Muhoza est sortie de prison. Dans une ordonnance datée du 27 février 2026 et rendue effective le mercredi 4 mars, la cour d’appel de Ngozi a mis fin à près de deux ans de détention arbitraire de la journaliste. Elle bénéficie d’une remise en liberté sous contrôle judiciaire. Elle devra rester dans sa province de résidence et se présenter une fois par mois devant le juge.
L’ACAT-France se réjouit de la remise en liberté provisoire de Sandra Muhoza. Néanmoins, cette décision ne met pas fin à la procédure. L’ACAT-France appelle désormais la cour d’appel de Ngozi à abandonner l’ensemble des charges à l’encontre de la journaliste.
Oumar Sylla et Mamadou Billo Bah sont toujours portés disparus et les justices guinéenne et française, saisies, n’avancent pas. Plus d’un an après l’ouverture d’une enquête judiciaire en Guinée, les autorités compétentes n’ont toujours pas communiqué sur l’état d’avancement de leur enquête. Il existe une réelle crainte que celle-ci n’ait d’existence que de nom. En France, une plaine a été déposée mais la justice ne s’est pas encore prononcée. À ce jour, Oumar Sylla et Mamadou Billo Bah sont toujours portés disparus. Les autorités guinéennes sont responsables de leur intégrité physique et doivent révéler ce qu’il est advenu d’eux. Pour l’ACAT-France, une enquête indépendante, avec une composante internationale, doit être mise en place.
Depuis la mobilisation de l’ACAT-France en faveur de Manahel al-Otaibi lors de la dernière “Nuit des Veilleurs” en juin 2025, sa situation n’a pas évolué favorablement. Arrêtée et victime de détention arbitraire, elle a connu des développements significatifs depuis lors.
Le 22 juillet 2025, Manahel al-Otaibi a de nouveau été privée de contact familial, ce qui soulève de vives inquiétudes quant à son bien-être psychologique. Le 21 août 2025, la Cour suprême a annulé sa condamnation de 11 ans de prison, mais lui a infligé une nouvelle peine de cinq ans, suivie d’une interdiction de voyage de cinq ans. C’est la première fois depuis plusieurs années que des responsables d’ambassade étrangères ont pu assister à son audience, ce qui témoigne d’un léger changement dans la transparence de son procès.
En l’absence d’informations fiables, les inquiétudes concernant la santé de Manahel demeurent, notamment en raison d’un diagnostic de sclérose en plaques, apparu après l’arrestation de sa sœur, Mariam al-Otaibi, également militante des droits humains. Malgré la mobilisation internationale et les appels à sa libération, sa détention arbitraire se poursuit, illustrant la répression continue des voix dissidentes en Arabie saoudite. Il est crucial de rappeler que, conformément aux règles internationales, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), les prisonniers ont le droit d’accéder à des visites familiales régulières et à des avocats. Ces droits sont essentiels pour garantir la dignité et le bien-être des détenus.
L’ACAT-France demande la libération immédiate et inconditionnelle de Manahel al-Otaibi, ainsi que de toutes les personnes actuellement détenues de manière arbitraire et condamnées injustement en Arabie saoudite pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux. Les autorités saoudiennes doivent garantir sa sécurité, son bien-être et son accès à des soins de santé appropriés, ainsi qu’à des visites conformes aux normes internationales.
Après la mobilisation de la “Nuit des veilleurs” en juin 2025, la situation de Sharifeh Mohammadi a évolué favorablement, car la peine de mort prononcée contre cette défenseure des droits iranienne a été commuée quelques mois plus tard, le 29 octobre 2025, en une peine de 30 ans d’emprisonnement. Cette décision a mis fin à la menace immédiate d’exécution qui pesait sur cette syndicaliste, militante des droits du travail et défenseure des droits humains.
L’ACAT-France se réjouit que la vie de Sharifeh Mohammadi ne soit plus directement menacée, saluant une victoire importante obtenue grâce à la mobilisation de ses militantes et militants depuis 2024, notamment lors de plusieurs appels à mobilisation de 2024 et 2025, ainsi que durant la Nuit des Veilleurs 2025.
Malgré cette avancée, l’ACAT-France continue de demander l’annulation pure et simple de sa condamnation, estimant que l’accusation de rébellion est injuste et vise à faire taire les voix dissidentes en Iran. Bien que ce verdict constitue une victoire, la mobilisation ne doit pas faiblir.
Malgré de nombreuses mobilisations internationales, dont celle de la “Nuit de veilleurs” en juin 2025, la situation de Pakhshan Azizi, journaliste, travailleuse sociale et militante kurde des droits humains, n’a guère évolué. Elle reste emprisonnée, et sa peine de mort peut être exécutée à tout moment.
Depuis sa condamnation à mort le 23 juillet 2024, ainsi qu’à quatre ans de prison par la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran pour « baghi » (rébellion armée), en raison de son appartenance à des groupes antigouvernementaux (ce qu’elle conteste fermement) très peu de nouvelles filtrent sur sa situation. Selon les dernières informations de novembre 2025, elle était toujours détenue dans des conditions extrêmement préoccupantes au sein du quartier des femmes de la prison d’Evin, à Téhéran, plus précisément dans la redoutable « section 209 », réservée aux prisonniers politiques. Des allégations de torture en vue d’obtenir des aveux forcés ont été rapportées. Sa situation est d’autant plus alarmante que nous sommes dans un contexte de guerre au Moyen-Orient. Lors de la précédente guerre Iran-Israël des Douze Jours en juin 2025, selon l’ONG Human Rights Watch, l’armée israélienne a bombardé la prison d’Evin le 23 juin 2025, causant 80 morts.
L’ACAT-France continue de se mobiliser pour faire entendre sa voix. Nous appelons instamment les autorités iraniennes à suspendre la décision d’exécution de Pakhshan Azizi et à la libérer immédiatement et sans condition.
La situation de Varisheh Moradi, militante des droits des femmes, activiste kurde et membre de la Communauté Libre des Femmes du Kurdistan, a connu une évolution positive depuis juin 2025, à la suite de la mobilisation en sa faveur durant la « Nuit des Veilleurs » 2025.
Le 10 décembre 2025, la Cour suprême d’Iran a annulé la peine de mort de Varisheh Moradi, ordonnant un nouveau procès en raison de lacunes dans l’enquête et du non-respect des procédures légales. La branche 9 de la Cour suprême a ainsi invalidé le verdict prononcé par la branche 15 du tribunal révolutionnaire de Téhéran, renvoyant l’affaire pour réexamen à ce même tribunal. La Cour suprême a constaté que le tribunal de première instance n’avait pas correctement informé Varisheh Moradi des accusations qui justifiaient la peine de mort, en plus d’autres violations procédurales.
Varisheh Moradi avait été arrêtée en août 2023 à Sanandaj alors qu’elle revenait de Kermanshah, lorsque des forces du ministère du Renseignement ont ouvert le feu sur son véhicule. Elle a été détenue à Sanandaj pendant 13 jours avant d’être transférée au quartier 209 de la prison d’Evin à Téhéran, où elle a été soumise à des pressions et à des tortures pour obtenir des aveux forcés, selon des rapports de plusieurs organisations de défense des droits humains. Après cinq mois d’isolement, Moradi a été transférée dans le quartier des femmes de la prison d’Evin en décembre 2023. En octobre 2025, lors de la Journée mondiale contre la peine de mort, elle a entamé une grève de la faim de 20 jours pour protester contre les peines de mort en Iran. Elle a été hospitalisée pour des problèmes digestifs après avoir mis fin à la grève, puis est retournée en prison après une nuit.
Le procès de Varisheh s’est tenu en deux sessions, en juin et octobre 2024, à la branche 15 du tribunal révolutionnaire, sous la présidence du juge célèbre Abolqasem Salavati. Elle a été privée de son droit de se défendre, et ses avocats n’ont pas été autorisés à prendre la parole en son nom, selon le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan. Les avocats ont été empêchés de consulter le dossier de l’affaire et n’ont eu accès à celui-ci que pendant quelques heures après la fin de la deuxième audience. Sa peine de mort a été prononcée malgré l’acte d’accusation initial qui demandait l’application de l’article 288 du Code pénal islamique, lequel prévoit une peine maximale de 15 ans de prison.
L’ACAT-France continue de se mobiliser pour qu’elle puisse bénéficier d’un procès équitable et que toutes les charges injustement retenues contre elle soient abandonnées.
Le pasteur Raymond Koh, âgé de 64 ans, a été enlevé le 13 février 2017 à Petaling Jaya, en Malaisie. Depuis huit ans, sa famille est sans nouvelles de lui. Son enlèvement a été orchestré de manière professionnelle : alors qu’il conduisait, cinq hommes ont bloqué son véhicule avant de l’enlever et de le faire disparaître. Avant cet incident, Raymond Koh dirigeait une association d’aide sociale. Les autorités islamiques locales l’accusaient de chercher à convertir des musulmans au christianisme. En avril 2019, la Commission des droits de l’homme en Malaisie (SUHAKAM) a conclu que Raymond Koh avait été victime d’une disparition forcée et d’un enlèvement organisé par l’État, plus précisément par la Branche spéciale de la police malaisienne. Bien que le gouvernement ait ensuite mis en place une équipe d’enquêteurs chargée de retrouver le pasteur, aucune information déterminante n’a depuis été révélée.
Grace à l’engagement et la persévérance de sa femme, Suzanne, le 5 novembre 2025, la Haute Cour de Kuala Lumpur a rendu un verdict historique en reconnaissant que le pasteur disparu Raymond Koh était victime d’une grave injustice. Le tribunal a ordonné au gouvernement malaisien de verser 10 000 ringgits malaisiens (environ 2 100 €) pour chaque jour écoulé depuis son enlèvement, et ce jusqu’à ce qu’il soit retrouvé. À ce jour, la somme atteint environ 31 millions de ringgits (près de 6,4 millions d’euros) et continue d’augmenter tant que le pasteur demeure introuvable. La Haute Cour a également accordé Susanna environ 670 000 € de dommages et intérêts.
Le 31 octobre 2025, cinq jours avant le procès, nous avons eu le plaisir d’accueillir au Secrétariat national de l’ACAT-France à Paris la visite de son épouse, Susannah Koh, et de sa fille, Esther Koh. Bien que ce verdict soit une victoire, l’ACAT France est en contact avec son épouse et reste mobilisée aux côtés de la famille Koh jusqu’à ce que le pasteur Raymond soit retrouvé et que justice soit pleinement rendue.
Cela fait maintenant près de trois ans, depuis le 13 avril 2023, que Duong Van Thai, journaliste vietnamien de 43 ans engagé dans la lutte contre la corruption et auteur de nombreuses enquêtes révélant des abus de pouvoir et des actes de corruption (principalement sur Facebook) parmi les dirigeants du Parti communiste vietnamien (PCV), a été enlevé près de son domicile en Thaïlande, où il avait cherché refuge pour échapper à la répression au Vietnam.
Le 30 octobre 2024, plus d’un an après son enlèvement, il a été condamné à 12 ans de prison lors d’un procès inique à huis clos, suivi de trois ans de probation, pour « propagande contre l’État », une décision largement critiquée par des ONG, dont l’ACAT-France, et par des instances internationales.
Depuis la mobilisation de l’ACAT-France lors de la Nuit des Veilleurs 2025, la situation de Duong Van Thai n’a guère évolué. Cependant, quelques informations complémentaires ont été obtenues sur sa situation par “The 88 project”. Il serait en vie et emprisonné à la prison d’An Diem, dans la province de Quang Nam, sur la côte centrale du Sud du Viêt Nam.
En février 2025, sa mère, Madame Duong Thi Lu, âgée de 77 ans aujourd’hui, a finalement pu lui rendre visite à la prison d’An Diem après plusieurs tentatives pour obtenir la confirmation de la part des autorités qu’il était bien son fils. Elle aurait été aidée par la femme du prisonnier politique Trinh Ba Phuong pour remplir les formalités et inciter le gouvernement local à répondre.
Une autre information, rapportée par Do Thi Thu, la femme de Trinh Ba Phuong, indique que le 24 mars 2025, Duong Van Thai a envoyé une lettre à sa famille dans laquelle il remerciait ses avocats, le département d’État américain, l’ambassade des États-Unis au Vietnam, ainsi que l’ONG américaine Freedom House, pour avoir signalé son enlèvement en Thaïlande en avril 2023. C’est la première confirmation de la part de Duong Van Thai lui-même qu’il a été kidnappé, ce qui avait jusqu’à présent été largement spéculé, mais pas confirmé.
Do Thi Thu et la mère de Duong Van Thai, Madame Lu, se seraient rendues à la prison d’An Diem pour rendre visite à leurs proches le 3 mars. Madame Do Thi Thu aurait rapporté que les deux hommes semblaient en bonne santé. Cependant, bien que ces informations soient rapportées par des personnes fiables, elles sont difficilement vérifiables, car les familles de prisonniers politiques au Vietnam font l’objet d’une surveillance stricte.
En 2026, l’ACAT-France continue de suivre de près la situation de Duong Van Thai. C’est pourquoi nous avons réussi à établir un contact direct avec une source fiable, qui, nous l’espérons, nous fournira des informations un peu plus récentes et précises.
Julia Chuñil, militante mapuche de 72 ans et présidente de la communauté de Putreguel, a disparu le 8 novembre 2024 alors qu’elle promenait son chien. Depuis 2018, elle défendait près de 900 hectares de forêt indigène contre des intérêts fonciers privés, et subissait harcèlement et menaces de propriétaires visant l’exploitation de ses terres. Malgré son engagement, elle n’a jamais cédé face aux pressions.
Sa disparition est considérée comme une disparition forcée, inscrite dans un contexte historique de criminalisation des Mapuche. La lenteur et les irrégularités des enquêtes, y compris l’arrestation de ses enfants Pablo, Javier, Jeannette et de son proche Bermar en janvier 2026, illustrent une criminalisation des proches plutôt qu’une recherche de la vérité. Ces arrestations sont survenues malgré des mesures de protection accordées par la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme et le Comité Escazú.
Les défenseurs des droits humains appellent à une enquête et demandent la vérité. Ce cas illustre la persistance de violences structurelles contre les communautés autochtones et les défenseurs de l’environnement au Chili.
L’ACAT-France continue de suivre ce dossier en 2026 et a établi un contact avec son fils.
Au Mexique, Román Sosa Miñon et Saúl Robles Aragón, représentants de la communauté indigène Chontal El Coyul dans l’État de Oaxaca, ont été victimes de criminalisation en raison de leur défense de l’environnement. En mai 2024, ils avaient été condamnés à 15 ans de prison et à verser collectivement plus de 2,5 millions d’euros à une société privée pour un litige foncier, dans un contexte de harcèlement judiciaire et de menaces récurrentes contre les défenseurs du territoire dans l’Isthme de Tehuantepec.
Le 16 décembre 2025, le tribunal de Santo Domingo Tehuantepec a annulé cette condamnation, acquittant les 21 membres de la communauté, y compris Saúl et Román, et reconnaissant la légitimité de leur travail de défense des droits humains. Malgré cet acquittement, la communauté continue de subir des intimidations et des blocages de la part de la société privée et d’autres acteurs locaux.