Dieudonné Niyonsenga purge une peine de prison de 7 ans. Il devrait être libéré de prison le 11 novembre 2028. Nous n’avons plus d’informations le concernant depuis notre dernière action publique d’avril 2024. Dieudonné Niyonsenga est un journaliste rwandais indépendant connu sur YouTube sous le nom de Cyuma Hassan. Réputé pour sa liberté de ton et ses reportages critiques à l’endroit des autorités rwandaises, le responsable de la web-télé Ishema TV est emprisonné depuis le 11 novembre 2021 à la suite de sa condamnation en appel pour « agression, obstruction auprès d’agents des forces de l’ordre et exercice du journalisme sans carte de presse » (source RFI). Il demeure emprisonné au Rwanda de manière arbitraire et les violences qu’il a subies, à plusieurs reprises en détention, n’ont pas fait l’objet d’enquêtes ni de sanctions à l’encontre de leurs auteurs. L’ACAT-France continue à suivre son cas et à appeler à sa libération.
Le défenseur des droits humains Abdul Karim Ali purge une peine de prison à vie pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression. Il a été condamné en avril 2025 une peine de prison à perpétuité. à l’issue d’un procès inique. Dans un communiqué publié par son avocat, Maître Joseph Awa Fru, Abdul Karim Ali déclarait ne plus reconnaître la légitimité des tribunaux camerounais, notamment les juridictions militaires.
Plus de 4 ans après la manifestation où Wendy Galarza a été blessée par balle par les forces de l’ordre à Cancún, la justice se fait toujours attendre pour elle et les autres survivants victimes de détention arbitraire et torture. Début novembre 2024, le Comité de Victimes a brièvement bloqué quelques routes de la zone hôtelière de Cancún pour exiger la réparation intégrale des dommages causés. Le Comité revendique la mise en œuvre intégrale des recommandations de la Commission des Droits Humains de l’État de Quintana Roo, notamment la poursuite des investigations concernant les policiers impliqués. À ce jour, malgré les 13 dépôts de plainte, seuls 3 dossiers d’enquête ont été ouverts. De plus, les autorités judiciaires ont octroyé une suspension conditionnelle du procès aux mis en cause. Cette suspension conditionnelle est une mesure alternative à la peine dont l’objectif est d’éviter la sanction punitive et encourager la réparation des dommages. Or, le Comité considère que la réparation estimée est insuffisante. Wendy Galarza, représentante du Comité de Victimes, reste engagée pour assurer la vérité, la justice, la réparation et la non-répétition de telles violations des droits humains, dans un pays où l’usage de la torture par les forces de l’ordre est généralisé.
A la suite d’un procès initié plus de 13 ans après la disparition forcée de 8 membres de la famille Muñoz, Víctor N, seul accusé dans l’affaire, a été condamné à 25 ans de prison début janvier 2025. Le Tribunal a également responsabilisé l’État mexicain pour son incapacité à prévenir les violations des droits humains et son rôle dans les difficultés d’accès à la justice et à la réparation intégrale. À ce titre, il devra réparer les dommages matériels et immatériels subis par la famille. Malgré cette condamnation, produit de l’opiniâtreté de la famille dans sa quête de vérité et de l’accompagnement du CEDEHM, partenaire de l’ACAT-France, aucune information supplémentaire n’a été obtenue sur le devenir du fils de Luisa et Fernando, ni sur les 7 autres membres de la famille Muñoz disparus forcés depuis 2011.Luisa et Fernando ne se reposeront pas tant que les responsables de la destruction de leur famille ne seront pas identifiés, et tant que Luis ne sera pas retrouvé.
Depuis la mobilisation de l’ACAT-France en faveur de Saïda El Alami lors de la Nuit des Veilleurs 2024, sa situation a évolué favorablement, car elle a bénéficié d’une grâce royale du roi du Maroc, Sa Majesté Mohammed VI, le 30 juillet 2024. Cependant, le 1er juillet 2025, Saïda est à nouveau arrêtée, dans un contexte de rétrécissement durable de l’espace civique au Maroc. Dans ce cadre, elle n’a pas pu avoir accès à un avocat et a été inculpée pour « diffusion de fausses allégations » et « outrage envers des corps constitués ». Elle a rapidement entamé une grève de la faim pour protester contre son arrestation arbitraire et la violation des normes internationales concernant le droit à un procès équitable. Elle a finalement été condamnée à trois ans de prison ainsi qu’à une amende de 20 000 dirhams (environ 1840 euros). En décembre 2025, des ONG de défense des droits humains ont rapporté les mauvais traitements subis en prison. Mobilisée pour Saïda à plusieurs reprises, l’ACAT-France persiste dans son engagement en réclamant sa libération immédiate et l’abandon de toutes les charges infondées pesant contre elle.
L’ACAT-France continuera de se mobiliser et de soutenir Saïda tant qu’elle ne sera pas libérée. Il est primordial, dans un climat de menace des libertés fondamentales, de continuer à se mobiliser aux côtés des défenseurs et défenseurs des droits humains. Un recours déposé par l’ONG Alkarama a été transmis au Groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU.
Zeynab Jalalian est la plus ancienne prisonnière de conscience en Iran et la seule prisonnière politique condamnée à perpétuité pour ses activités en faveur des femmes et des jeunes filles kurdes. Depuis la mobilisation en sa faveur lors de la Nuit des Veilleurs en 2024, sa situation n’a malheureusement pas évolué favorablement. À la suite des nombreux actes de torture subis pendant et après son arrestation, Zeynab Jalalian a développé des troubles visuels, de l’asthme, ainsi que des problèmes rénaux et gastro-intestinaux. Elle souffre également d’un manque de soins médicaux appropriés. Lorsqu’elle a dû subir des opérations à l’hôpital, les gardiens de prison ont refusé d’enlever ses menottes et ses entraves aux jambes.
Depuis novembre 2024, les autorités pénitentiaires de la prison de Yazd lui refusent les visites de sa famille.
En novembre 2025, ses proches ont déclaré que les responsables de la prison de Yazd continuent de lui refuser l’accès à des soins médicaux indispensables. En effet, en septembre 2025, après de longs mois à souffrir d’un fibrome utérin, elle a enfin été prise en charge à l’hôpital, mais elle a été enchaînée au lit par une entrave à la cheville. Seulement 24 heures après l’opération, les gardiens de prison l’ont renvoyée en prison sans qu’elle ait pu recevoir les soins postopératoires nécessaires. Après cette intervention, ses saignements et ses douleurs abdominales ont persisté à un niveau alarmant. Alors que les médecins demandaient un examen approfondi dans un hôpital à l’extérieur de la prison, les gardiens ont bloqué ce transfert, arguant que l’ordonnance avait été « perdue ».
Les ONG de défense des droits humains ainsi que les rapporteurs spéciaux des Nations Unies continuent de réclamer sa libération immédiate et inconditionnelle. L’ACAT-France dénonce, à leurs côtés, les violations des droits fondamentaux, la torture et les mauvais traitements subis par Zeynab Jalalian et appelle à sa libération inconditionnelle.
Wu Xianle, 58 ans, ancien membre du Parti communiste chinois sous la présidence de Hu Jintao, a épousé un citoyen français en 2014. Cette période coïncide avec l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping et un durcissement du contrôle politique ainsi qu’une répression accrue contre les personnes LGBTQIA+. Après un an de détention au secret, il est condamné en février 2022 à onze ans de prison pour des faits classés « secret d’État ». Victime de violences durant sa détention, il a souffert d’un décollement de la rétine.
L’ACAT-France est en contact permanent avec son mari qui est français.
En 2026, nous avons appris qu’il avait finalement pu être opéré du décollement de sa rétine et a depuis accès a davantage de nourriture ce qui lui a permis de reprendre un peu de poids. Ses conditions de détention restent cependant très difficiles, il partage une cellule avec douze prisonniers et est contraint à un travail intensif dans la confection de vêtements. Ses proches espèrent désormais une libération anticipée pour bonne conduite.
Après plus d’un an de détention au secret à partir de 2020, Pham Doan Trang est condamnée le 14 décembre 2021 à neuf ans de prison pour « propagande contre l’État », en représailles à son travail de journaliste et d’autrice.
Au Vietnam, les critiques du gouvernement sont fréquemment accusés de tels crimes ou « d’abus des libertés démocratiques », des accusations vagues et politiquement motivées pouvant entraîner jusqu’à 20 ans de prison.
Son cas est devenu emblématique de la répression croissante menée par les autorités vietnamiennes contre les journalistes et les écrivains et des atteintes au droit à l’information. Malgré la mobilisation de la société civile et de la communauté internationale, elle demeure détenue. En 2026, l’ACAT-France continue de se mobiliser sur son cas.