Pacifique Muliri est un journaliste congolais reconnu pour son travail d’investigation sur la corruption, la gouvernance locale et les atteintes aux droits humains dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), en particulier dans la province du Sud-Kivu.
Journaliste à l’Agence congolaise de presse (ACP) et collaborateur indépendant pour Africa Mining Intelligence, média spécialisé basé en France, il documente régulièrement les abus commis par des acteurs étatiques et non étatiques dans une région marquée par l’insécurité persistante, les conflits armés et l’exploitation contestée des ressources minières.
Du 1er au 3 juillet 2025, Pacifique Muliri s’est rendu à la mine de Lomera, dans le territoire de Kabare (Sud-Kivu), afin d’enquêter sur des allégations d’exploitation aurifère illégale. Selon ses recherches, cette activité impliquerait une collaboration entre des groupes rebelles présents dans la région et certains responsables liés aux autorités gouvernementales de Kinshasa.
L’exploitation des ressources minières constitue un enjeu central des dynamiques économiques et sécuritaires dans l’est du pays, où plusieurs groupes armés se disputent le contrôle des zones riches en minerais. Peu après ce reportage, Pacifique Muliri a été la cible de graves représailles. Le 4 juillet 2025, sa maison à Bukavu a été attaquée par des combattants du Mouvement du 23 mars (M23) et de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC), qui contrôlent une grande partie du Sud-Kivu, y compris la ville de Bukavu.
À la suite de ces attaques, il a été contraint de fuir et de se cacher. Depuis qu’il vit dans la clandestinité, Pacifique Muliri reçoit régulièrement des menaces de mort provenant de numéros inconnus. Des messages envoyés notamment le 19 septembre 2025 le menacent explicitement de le retrouver et de le tuer s’il ne cesse pas ses enquêtes journalistiques.
Par ailleurs, selon plusieurs sources, au moins trois personnes qui avaient contribué à son enquête sur la mine de Lomera ont été tuées à Bukavu dans des circonstances inexpliquées. Parmi elles figure Fiston Wilondja, ancien journaliste devenu photographe, ainsi que deux autres habitants de la ville.
La situation de Pacifique Muliri illustre les atteintes persistantes à la liberté de la presse en RDC. Bien que la Constitution garantisse la liberté d’expression, les journalistes travaillant sur des sujets sensibles continuent de faire face à des menaces, des poursuites abusives et des pressions constantes, qui contribuent à instaurer un climat d’autocensure et de peur.
Pour lui écrire :
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7 rue Georges Lardennois
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L’ACAT-France transmettra

