Hamit
ÉrythréeFrance

Sur la route de l’exil.
Le calvaire d’un demandeur d’asile Érythréen sans empreintes

Hamit [1] est né en Libye de parents érythréens qui ont fui le conflit armé entre l’Éthiopie et l’Érythrée. En 2011, son père meurt à Tripoli sous un tir d’obus, en pleine guerre civile. Le jeune homme et sa mère retournent alors clandestinement en Érythrée. Un voisin les dénonce à la police qui se lance à leur recherche. Hamit et sa mère sont menacés d’être arrêtés. Le jeune homme risque aussi d’être envoyé de force au service militaire à vie.

Hamit reprend alors les routes de l’exil dans l’espoir de rejoindre l’Europe. Mais ses passeurs le livrent à une « maison de torture » en Libye où il est détenu et subit des traitements inhumains durant neuf mois, pour tenter de le rançonner, en vain. Il est finalement soumis aux travaux forcés dans une ferme, d’où il parvient à s’enfuir pour prendre la mer.

Les garde-côtes italiens l’interceptent et, pour le forcer à enregistrer ses empreintes digitales, l’attachent et le frappent à coups de matraque. Débarqué sur le continent, il s’enfuit en France où il brûle ses doigts avec de la colle, pour ne pas être renvoyé en Italie et y subir à nouveau des mauvais traitements. En France, la demande d’asile d’Hamit est rejetée par l’OFPRA. L’ACAT l’aide alors à rédiger pour la première fois son récit de vie et à faire un recours avec l’aide d’un avocat. Malgré cela, son recours est rejeté : sa nationalité érythréenne est mise en doute et ses craintes en cas de retour ne sont pas reconnues…

L’Érythrée est pourtant une dictature accusée par l’ONU de commettre depuis 25 ans des crimes contre l’humanité envers son propre peuple. Quel destin attend Hamit en cas de retour ? La prison assurément, pour avoir quitté son pays clandestinement ; la torture certainement, pour le dissuader de recommencer. Ce jeune homme meurtri et isolé n’a donc plus qu’à espérer que l’administration française ne tentera pas de l’expulser désormais.

Que pouvez-vous faire ?

Priez pour lui