Prière du Père Cyrille Argenti

Notre destinée éternelle dépend de notre comportement envers l’émigré. En chaque émigré – Portugais ou Maghrébin, Malien ou Vietnamien -se cache le Christ. Notre éternité se joue sur notre hospitalité ou notre xénophobie : reçois l’émigré à ta table, tu reçois le Christ. N’oublions pas que la table familiale préfigure la table sainte, que le repas familial annonce le repas eucharistique. La table ouverte annonce la table de communion. On ne peut dissocier le sacrement de l’autel – c’est à dire la communion eucharistique, la Divine liturgie – du sacrement du frère, c’est à dire l’hospitalité, l’accueil de l’étranger à la table familiale....

Je sais bien qu’il y a des limites au nombre d’hôtes que l’on peut recevoir à sa table, au nombre d’émigrants qu’un pays peut accueillir et intégrer. Il ne faut pas demander aux gens l’impossible. Mais ce qui peut et doit changer, c’est la mentalité, l’attitude vis-à-vis de l’émigrant. Le mot doit être empreint de déférence, de respect, d’amitié. Il doit s’accompagner, dès le départ, d’un préjugé favorable : remplaçons la volonté de nivellement par le respect de la différence. Redécouvrons la vraie France dans toute sa diversité séculaire, raciale et confessionnelle.