Le cri de ton frère

Si tu écoutais le murmure de ton frère
oui, celui-là justement qui vit sur ton palier,
dans ton immeuble, ta ville ou ton village,
peut-être l’entendrais-tu dire :
dis, est-ce que tu m’aimes ?

Si tu entendais l’appel de ton frère,
non ne fais pas le sourd,
sa détresse tu la connais, son regard tu l’as croisé,
tu sais très bien, tu as compris :
dis, est-ce que tu m’aimes ?

Si tu accueillais le cri de ton frère,
ce cri qui perce l’épaisseur de tes occupations,
il est blessé, emprisonné, humilié,
son cri cogne si fort à ta porte :
dis, est-ce que tu m’aimes ?

Si tu dis oui, si vraiment tu l’aimes,
s’il est quelqu’un pour toi,
prends le risque de passer aux actes.

S’il est bâillonné, redonne-lui la parole.
S’il a des fers aux pieds, libère-le
S’il a faim, donne-lui du pain et plus que du pain
S’il est à genoux, relève-le.

Alors seulement, tu pourras dire :
Seigneur, tu sais très bien que je t’aime.